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Name: Djibril SALIFOU

Sector: Energy

Position: Directeur Général

Place Interview:

Company: Communauté Electrique du Bénin

Date: 2014-09-09

On assiste à une croissance économique spectaculaire en Afrique. Pensez-vous que le continent a aujourd’hui toutes les chances de son côté pour s’affirmer davantage dans le monde ?

Je peux dire que l’Afrique n’a pas tout pour prendre son destin en main. L’Afrique a, certes, une main d’œuvre jeune, pas trop qualifiée et formée, elle a assez de ressources naturelles, mais reste inexpérimentée sur le plan de la technologie et le savoir-faire. Mais le potentiel est là.

Si on a les ressources, il faut aussi la technologie et le savoir-faire. On n’a pas suffisamment de personnes bien formées pour prendre entièrement notre destin en main.

Vous êtes à la tête d’une entreprise régionale qui s’occupe à la fois du Togo et du Bénin. Quelle est la situation électrique au niveau de la sous-région ?

Dans la sous-région, nous avons un système électrique qui s’appelle le WAC, et qui gère l’ensemble de l’offre électrique au niveau des systèmes de production, au niveau du transport.

Malheureusement, au niveau de l’Afrique de l’ouest, depuis le Sénégal jusqu’au Nigéria, nous sommes en déficit. L’offre électrique n’arrive pas à rencontrer la demande. Il y a donc un déficit. Le seul pays net exportateur de l’énergie électrique aujourd’hui est la Côte d’Ivoire. Or, le moteur de développement en Afrique de l’Ouest, c’est l’énergie. Si rien n’est fait pour développer les structures d’énergie électrique, je crois que la croissance qui est aujourd’hui entre 4 et 6% risque de prendre un coup dans les années à venir.

Quelle est votre stratégie ?

La stratégie, c’est d’intéresser plusieurs promoteurs dans une dynamique de partenariat public-privé pour essayer de mettre en place ce que nous appelons les Producteurs indépendants d’énergie. Le cadre législatif et réglementaire n’est pas mis en place. Ce qui freine l’arrivée de ces producteurs.

Nous avons intérêt à favoriser ce type de financement pour booster le secteur de l’énergie, afin de lui faire jouer véritablement son rôle de moteur de développement. Il faut qu’on y travaille. On a un potentiel hydraulique important au niveau de l’Afrique de l’ouest. Il faut qu’on mette en valeur ce potentiel pour essayer de mettre à la disposition des populations et de l’économie, de l’énergie moins chère. Il faut rendre l’énergie disponible, et au moindre coût.

Comment pensez-vous que le projet Adjarala contribuera-t-il à l’émergence ?

Ce projet est un projet à but multiple. On a aussi le volet agricole, et piscicole. Mais ce qui nous intéresse, c’est le volet énergétique. Il y aura environ 147 MW d’apport en termes de puissance à installer. Ce qui est important pour nous, car ça améliore à la fois notre mixte énergétique. On a une part importation, et une part production thermique. L’hydraulique viendra donc conforter la part de l’autonomie énergétique de la communauté, c’est-à-dire le Bénin, et le Togo.

En même temps, ça réduira notre vulnérabilité vis-à-vis de l’importation. Ça réduira aussi les coûts de l’énergie au niveau du Togo et du Bénin, et dans la dynamique sous-régionale dans laquelle nous sommes, ça permettra de mieux gérer le plan de tension au niveau du système interconnecté de l’Afrique de l’ouest. C’est, en gros, l’intérêt de ce projet.

On a les bailleurs de fonds traditionnels. La Banque Mondiale comme chef de file, la BOAD, l’AFD, l’UEMOA, la BAD, Exim Bank of China, etc. Aujourd’hui, le financement est bouclé. Au plan énergétique, on a aujourd’hui beaucoup de partenaires techniques et financiers qui veulent nous aider.  Il faut augmenter l’offre électrique, attirer les Producteurs indépendants, les investisseurs privés, dans un cadre légal et réglementaire bien institué.

Aujourd’hui, nous avons une pointe qui avoisine 380 à 400 MW au niveau des deux pays. Mais le besoin réel est estimé à 450 MW. Encore que ça ne concerne que la partie interconnectée au réseau. On a encore quelques zones qui sont isolées.

La CEB a un privilège.  Nous sommes entre deux grands pays, le Nigéria et le Ghana. Deux pays de qui nous tirons le maximum d’énergie. Nous importons environ 85% de notre consommation. C’est pourquoi je vous dis que le barrage d’Adjarala va réduire notre déficit énergétique. 15% seulement de la consommation sont produites localement.

Quelle est votre plus grande satisfaction depuis que vous êtes à la tête de la CEB ?

Je ne parlerai pas de satisfaction. Je suis en train de relever les défis. On est en train de relever un grand défi, celui d’Adjarala. Je crois qu’on sera satisfait.

Je peux dire que je suis arrivé à la CEB en pleine crise énergétique, et je crois qu’avec le temps, on a pu juguler cette crise. Les projets que nous avons pu développer, et qui ont permis de juguler cette crise, c’est l’interconnexion avec le Nigéria. Ça nous a permis de prendre près de 200 MW. C’est important. L’une de mes plus grandes satisfactions, c’est d’avoir permis aux deux pays de réduire la fréquence de délestage.

Un message aux investisseurs ?

Je dirai que nous les attendons dans un partenariat gagnant-gagnant, public-privé. Vous pouvez développer des projets structurants qui permettraient d’avoir une meilleure disponibilité d’énergie, et surtout, à moindre coût. Nous avons une dynamique économique amorcée, une situation politique stable, tout le dispositif est prêt pour accueillir les investisseurs, et sécuriser leurs investissements.



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