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S.E. M. le Pr. Jacques Fame Ndongo.
S.E. M. le Pr. Jacques Fame Ndongo.

Reponses de S.E. M. le Pr. Jacques Fame Ndongo Ministre de la Communication aux Questions de eBiz Guides

November 19th, 2004 - eBiz Guides : Est-il possible d’être renseigné sur les fonctions et missions du Ministère de la Communication ?

Pr. Jacques FAME NDONGO : Les prérogatives du Ministre de la Communication sont définitives dans le décret présidentiel n°2002/215 du 23 août 2002 organisant le Gouvernement. Le serviteur de la République que je suis ne fait que mettre en œuvre la politique, les stratégies et les orientations définies par le Chef de l’Etat. En somme, je n’ai pas d’interprétation personnelle de ma mission. Retenez simplement que le Renouveau communicationnel, dont je suis chargé, (depuis le 18 mars 2000) de l’application quotidienne, avec l’appui des organes sous-tutelle (CRTV, SOPECAM, Imprimerie Nationale, Cameroun Publi-Expansion) et mes collaborateurs, est un projet avant – gardiste de la société camerounaise de l’information, inspiré par le Chef de l’Etat et mis en œuvre par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Les priorités ou missions essentielles dévolues à ce vaste chantier portent sur les points suivants :

  • La consolidation et l’encadrement de l’unité et de la solidarité nationales à travers des médias professionnels et responsables,
  • La promotion et l’optimisation de l’image de marque du pays,
  • La validation et l’assomption d’une presse résolument libre, diversifiée, plurielle, économiquement viable et déontologiquement responsable,
  • La régulation et la dynamisation de toutes les structures de communication publique et privée (communication globale, entreprises de publicité, entreprises éditrices de presse, centres de documentation virtuelle, …)
  • Le développement, la maîtrise et l’appropriation des NTIC dans le domaine de la presse (hardware et software).

eBiz Guides : Quelles sont les grandes réalisations du Ministère de la Communication depuis que vous êtes à la tête de ce département ?

Dans le registre des actions mises en place en vue de dynamiser cette politique de communication sociale, plusieurs acquis pertinents méritent d’être cites à l’attention de vos lecteurs :

  • La communication gouvernementale rénovée (« Cartes sur tables » ; « Questions à domicile ») ;
  • La Commission des Actions médiatiques revigorée ;
  • La Cellule de Communication Internationale créée ;
  • Le Conseil national de publicité redynamisé ;
  • Le Centre multimédia institué (avec un Cyber journal) ;
  • La CRTV arrimée au satellite depuis janvier 2001, ce qui lui assure un rayonnement international (Afrique, Europe du Sud, Proche-Orient, Amérique) ;
  • Une nouvelle rotative mise en service à Cameroon Tribune (32 pages dont 8 en couleurs) ;
  • 208 intrants de presse exonérés de TVA ;
  • Le Fichier national de la communication institué ;
  • La Commission nationale de l’aide publique à la communication privée créée. Depuis deux exercices, elle a distribué 300 millions de F CFA à près de 100 entreprises privées de communication ;
  • Huit centres de communication créés dans les chancelleries africaine, occidentale et orientale (Le Caire, Paris, Bruxelles, Londres, Washington, New-York, Beijing, Riyad) ;
  • La Maison de la communication inaugurée (cadre d’échange entre le Ministère de la Communication et les communicateurs internationaux) ;
  • Le Bureau central des relations presse créé et devenu opérationnel (organe chargé de l’information hebdomadaire des communicateurs et du grand public sur les activités des institutions publiques) ;
  • Le système de veille et d’alerte cybernétique (chargé de contrôler le contenu des médias électroniques) mis en marche.
  • Une brigade de contrôle du secteur de la télédistribution instituée, dans le but d'assainir le secteur et d'assurer la protection des éditeurs de programmes, conformément aux lois et règlements en vigueur.
  • 75 stations de radiodiffusion et chaînes de télévisions autorisées depuis 2000 sur l’ensemble du territoire, dans le cadre de la libéralisation de l’audiovisuel national.
  • Trois publications permettent de vulgariser et de sensibiliser le grand public sur les enjeux majeurs de cette noble mission. Mincom on line, premier journal cybernétique du Cameroun et 3ème support de communication officielle après la CRTV et Cameroon Tribune. La Lettre de la République, le News magazine mensuel d’informations générales, organe d'expression du MINCOM en quadrichromie de 40 pages distribués à 10 000 exemplaires dans tout le pays et à l’extérieur (chancelleries du Cameroun et centres de communication). Le Mois au Cameroun, journal mural en quadrichromie (80 cm x 40), qui relate, avec textes et images, toute l’actualité mensuelle des services publics.
  • Des bureaux fonctionnels construits dans plusieurs délégations provinciales et départementales.
  • Un immeuble annexe en construction à Yaoundé afin de décongestionner les services centraux et accroître le rendement.


eBiz Guides : Quels sont les objectifs principaux et les lignes fondamentales, en terme d’attente de la politique de la communication au Cameroun ?

Pr. Jacques FAME NDONGO : Le Renouveau communicationnel a pour objectif cardinal l’épanouissement et la liberté sous-tendue par la viabilisation économique) des entreprises de presse, mais aussi l’organisation et l’assainissement des divers secteurs de la communication (publicité, communication globale, télédistribution, etc).

Sans soubassement économique, il n’est guère de liberté de la presse qui vaille. Une presse libre est une presse libérée des contraintes économiques et financières, logistiques et techniques. Conscient de cette vérité managériale, le Chef de l’Etat a décidé, après avoir libéré les médias des fourches caudines d’une réglementation obsolète, de libérer les organes d’information des multiples charges financières qui obèrent leur essor.

Il a ainsi défiscalisé les équipements informatiques, exonéré de la TVA les équipements et intrants relatifs aux entreprises de presse (un comité mixte MINEFI–MINCOM a été créé à cet effet par le Ministre de l’Economie et des Finances pour l’application effective de cette mesure), autorisé l’élaboration, par le Ministère de la Communication et sous l’autorité de Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, en liaison avec les associations des journalistes, d’un projet de décret sur la carte de presse (270 cartes de presse ont été décernées en mai 2004 aux journalistes et auxiliaires de la profession), afin de mieux réglementer la profession et accorder aux titulaires de ladite carte des avantages particuliers (tarifs préférentiels divers), donné des directives pour l’application du protocole facultatif de Nairobi sur la Convention de Florence (dossier en cours, en liaison avec le Ministère des Relations Extérieures), assaini l’univers publicitaire camerounais par la loi n°88/016 du 16 décembre 1988, afin de permettre aux médias de bénéficier de plus grands espaces publicitaires pour maximiser leurs recettes, et être ainsi dégagés de la tentation d’un asservissement aux lobbies de toutes sortes, source d’étiolement de la liberté de presse.

Un projet de texte relatif à a création d’un fonds d’aide à la presse est à l’étude au niveau du Ministère de la Communication, en liaison avec des partenaires internationaux et le Programme National de Gouvernance. Il pourrait permettre à l’Etat de subvenir à certains besoins cruciaux des entreprises de presse au Cameroun, toutes tendances confondues, qui se conforment à la législation et à la réglementation en vigueur et qui font preuve d’une irréfutable performance professionnelle (aux plans rédactionnel, technique, esthétique et éthique). Ils bénéfieraient ainsi d’une prime à l’excellence. D’ores et déjà, depuis deux années, la loi des Finances a institué une aide publique à la communication privée d’un montant de 150 millions de F CFA.

Il nous revient aussi, en relation avec l’Agence nationale des techniques de l’information et de la communication créée par le Chef de l’Etat, de jeter les bases (aujourd’hui inexistantes au Cameroun) d’une législation et d'une réglementation idoine en matière de cyberjournalisme, voire en ce qui concerne les contenus créés par les éditeurs des sites tout en nous attelant, de concert avec le Ministère des Finances et du Budget et le Ministère des Postes et Télécommunications, à minorer les coûts parfois prohibitifs et inhérents à la cyber économie (location des serveurs auprès des hébergeurs de sites et location du segment spatial auprès des opérateurs par satellite).

En milieu rural, en plus des quatre radios rurales financées par l’ACCT (en 1996) qui fonctionnent normalement (Fotouni, Oku, Lolodorf, Mamfé, Dana) et des 15 radios communautaires déjà implantées à travers les dix provinces, grâce à un financement du système des Nations Unies, le Ministère de la Communication se propose de prolonger cette expérience par la création des télé centres multimédias (montée et réception des signaux émis par satellite en connexion avec l’arrimage de la CRTV au satellite, effectif depuis le 17 janvier 2001).

De même, l’incitation des télédistributeurs (aujourd’hui confrontés à de sérieux problèmes) à se regrouper en une plate-forme analogique, ou à évoluer rapidement vers le numérique, est l’un des objectifs du Ministère de la Communication et de l’Etat en général.

Il nous semble également opportun d’exhorter les propriétaires des organes de presse à minorer les prix de revient du papier journal en regroupant leurs commandes au sein d’une mutuelle d’achat.

Enfin, une étude ayant trait à l’accès des citoyens à l’information sur la gestion des affaires publiques est en cours. Elle a déjà été validée par la Banque Mondiale. Pilotée par le comité technique de suivi des programmes économiques, dans le cadre du Programme National de Bonne Gouvernance, elle doit permettre de mettre à la disposition du public une information fiable et fluide sur les administrations publiques. Il s’agit d’un puissant outil de renforcement et de divertissement des contenus des organes de presse, dans l’optique de favoriser l’éclosion d’une presse libre et plurielle, parce que mieux informée à la source.

En conclusion, le Renouveau National a créé un environnement législatif et de réglementaire propice à l’essor d’une presse de plus en plus libre parce que se déployant dans un espace politique, juridique, économique approprié. La liberté de la presse est garantie au Cameroun. Mais, la liberté de la presse est liée au respect, par les journalistes, des lois, des règlements et de la déontologie. Elle suppose aussi un régime économique et fiscal idoine que l’Etat s’emploie à rationaliser et à moderniser.

eBiz Guides : Quel message adressez-vous aux professionnels des métiers de la Communication, ainsi qu’aux investisseurs qui viendraient à s’intéresser à ce secteur dans un avenir proche ou lointain ?

Pr. Jacques FAME NDONGO : Depuis mon arrivée à la tête de ce département stratégique et névralgique (plaque tournante de l’information institutionnelle et l’opinion étatique), mon leitmotiv a été le professionnalisme et le respect de l’éthique et de la déontologie professionnelles. Ce sont là les principes directeurs qui ont été professés, rappelés et martelés aux gladiateurs de la plume, du micro et du clavier. Le Ministre de la Communication a apporté son appui technique à la réussite de deux séminaires organisés par des institutions (« Corner stone » par l’Ambassade des Etats-Unis et « couverture électorale » par la section camerounaise de l’Union de la Presse Francophone, en collaboration avec l’Ambassade de France, l’UJC et d’autres organismes internationaux).

J’invite à cet effet les professionnels de la communication à jouer pleinement leur rôle de collecte, de vérification et de diffusion d’une information saine, fiable, crédible et constructive. Une information expurgée des tares et des avatars du clanisme, du tribalisme et du népotisme, qui travestissent les consciences et entravent l’unité nationale, si chère au Chef de l’Etat.

Je demeure conscient des nombreuses contingences liées à l’infrastructure nationale des transports, ainsi que des priorités imposées par les sociétés de distribution dans les dessertes des agglomérations. Une priorité devra être donnée à la satisfaction des besoins de l’ensemble de la population nationale, soucieuse d’être quotidiennement au fait de l’actualité, et des faits majeurs concernant la vie de la Nation et des événements qui les entourent. Il s’agit là aussi d’une déclinaison dans les faits de l’impératif naturel d’égalité de tous les citoyens devant le service public.

En définitive, les professionnels de la communication doivent être plus professionnels, plus offensifs et plus républicains.

 

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